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Mémoire en mutation : du fragment à l’incarnation

  • Claude Gauthier
  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture
Détail de l'oeuvre de la céramiste Asmea Laraqui chez Éclats Art Contemporain

Dans le vidéo Mémoire en mutation, la matière précède l’image. Une pièce de céramique, façonnée par Asmea Laraqui, porte en elle une mémoire silencieuse : celle du geste, de la transformation, de la terre soumise au feu. Cette œuvre, autonome dans son langage sculptural, devient ici le point de départ d’une transposition radicale, une migration vers le corps vivant.


l'oeuvre Mémoire en mutation, vue d'ensemble et gros plan montrant le détail de la structure.
L'oeuvre Mémoire en mutation par la céramiste Asmea Laraqui, exposée à la Galerie Éclats Art Contemporain. Photographie Claude Gauthier

La matière devient vie

Par l’entremise de la photographie et de la postproduction assistée par intelligence artificielle, la céramique quitte son statut d’objet pour investir celui de parure. La porcelaine se transforme en une robe qui épouse le corps d’une ballerine comme une extension organique, presque une seconde peau. Le minéral devient mobile, le figé devient chorégraphique. Le corps, à son tour, se fait support de mémoire.


Ce déplacement n’est pas anodin. Il engage une relecture du rapport entre matière et identité. La ballerine, figure de discipline et de grâce, incarne ici une tension : celle entre la rigidité de la céramique et la fluidité du mouvement. L’image produite ne documente pas une performance réelle, mais en suggère la possibilité. Elle se situe dans un entre-deux, entre sculpture et danse, entre réel et fiction, entre trace et projection.


Dans ce dialogue, les contributions demeurent distinctes mais profondément entremêlées. La céramique d’Asmea Laraqui conserve son intégrité plastique, tandis que le travail photographique et numérique de Claude Gauthier agit comme un révélateur, un passeur. L’intelligence artificielle, loin d’effacer les gestes initiaux, devient un outil de translation, amplifiant la portée symbolique de l’œuvre.




Ainsi, Mémoire en mutation ne se limite pas à une hybridation des médiums. Elle propose une réflexion sur la survivance des formes et leur capacité à habiter d’autres corps, d’autres récits. Ce qui était objet devient présence. Ce qui était mémoire devient mouvement.


L’œuvre de céramique Mémoire en mutation est exposée à la Galerie Éclats Art Contemporain, dans le cadre de l’exposition Contrepoint, offerte par la commissaire Monia Abdallah, professeur au département de l’hisoire de l’art à l’UQAM.

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